Autonomie électrique et canicule : jusqu’à 31 % de perte, les chiffres et solutions

Juil 28, 2024Électrique, Actualité

On entend souvent des critiques sur les performances des autos électriques par temps froid. Mais savez-vous que la chaleur peut également être une source de perte d’autonomie pour les voitures électriques? On fait le point, avec des chiffres concrets et des conseils applicables dès cet été.

Définition d’une canicule

Commençons par définir ce qu’est officiellement une canicule. Au Canada, pour qu’on puisse parler de canicule, la température minimale doit être de 30 °C; l’épisode doit durer au moins trois jours consécutifs; et une diminution de la différence de température entre le jour et la nuit doit être enregistrée.

Quelques chiffres sur la perte d’autonomie

S’il fait une température estivale normale, autour de 27°C, la perte d’autonomie reste modeste, environ -2,8 %. Mais à partir de 29°C, la perte d’autonomie devient plus importante : -3,5 %, puis -5 % à 32°C. À 35°C, c’est déjà -15 %, et à 38°C, vous pourriez perdre jusqu’à 31 % d’autonomie.

TempératurePerte d’autonomie
24°C (75°F)0,0 %
27°C (80°F)-2,8 %
29°C (85°F)-3,5 %
32°C (90°F)-5 %
35°C (95°F)-15 %
38°C (100°F)-31 %
Perte d’autonomie d’une auto électrique en fonction de la température extérieure

La perte d’autonomie réelle peut varier en fonction de la marque et du modèle de voiture, du style de conduite, du chargement, de l’utilisation du système de climatisation et du type de route emprunté.

Au-delà de l’effet d’annonce : comment limiter la perte

Il est relativement simple pour les propriétaires de véhicules électriques de pallier une partie de cette perte d’autonomie estivale. Quelques réflexes aident à limiter l’impact de la chaleur : stationner à l’ombre ou dans un garage quand c’est possible, préconditionner l’habitacle pendant que le véhicule est encore branché plutôt qu’une fois débranché, utiliser le mode « eco » de la climatisation, planifier ses trajets pour éviter les heures les plus chaudes de la journée lors de longs parcours, et vérifier que la pression des pneus est adéquate — un pneu sous-gonflé augmente la résistance au roulement et donc la consommation d’énergie.

Aussi, gardons à l’esprit qu’une auto thermique qui utilise le système de climatisation pour rafraîchir son habitacle peut voir sa consommation d’essence augmenter de 20 % selon Ressources naturelles Canada. La chaleur affecte donc tous les types de véhicules, pas seulement les électriques — c’est une question de degré, pas d’exclusivité.

Foire aux questions

La perte d’autonomie en été est-elle aussi importante que celle observée en hiver?
Généralement non. La perte liée au froid extrême dépasse souvent 30 à 40 % sur une auto électrique, alors que la perte liée à la chaleur atteint son maximum autour de 31 % dans des conditions de canicule sévère.

Le préconditionnement de l’habitacle consomme-t-il de la batterie?
Si vous le faites pendant que le véhicule est encore branché, l’énergie utilisée provient du réseau électrique plutôt que de la batterie, ce qui évite de gruger votre autonomie avant même de partir.

Doit-on s’inquiéter de cette perte d’autonomie avant d’acheter une auto électrique?
Pas nécessairement. Pour la majorité des trajets quotidiens au Québec, une perte de 15 à 31 % en pleine canicule reste généralement gérable; c’est surtout pour les longs trajets estivaux qu’il faut planifier des arrêts de recharge supplémentaires.

Source : Recurrent Auto. Article révisé par Guillaume Eckerl, fondateur de PeachyCar.ca, service d’inspection pré-achat mobile au Québec, où l’autonomie réelle des véhicules électriques d’occasion fait partie des éléments évalués lors d’une inspection.

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